lundi 31 août 2009

La tasse de thé

L’écume se veut plus douce et plus frêle qu’elle ne le fut, ces jours passés où, fière, elle affrontait avec férocité les plus puissantes et rondes rafales de vents. Elle se laisse glisser doucement sur les vagues.

J’ai envie de vider mon âme de toutes les douleurs; elles sont toutes consommées par la musique belle que j’écoute. La beauté du monde est à couper le souffle, à couper le sifflet à ceux qui ont un sifflet à la place du souffle. Ma respiration me permet de contempler ce qui de ce monde s’est accumulé pour me faire vivre et revivre tous les spectacles auxquels j’ai assisté, tous les événements que mes yeux ont enregistré, tous ceux desquels mon ouïe a gardé un souvenir, ceux qui, parfois, rappellent à mon corps d’aussi belles choses que ce dernier en tremble de tout son long. Je m’amuse à piger dans ma tête quelques souvenirs aléatoires et mes réflexions me portent à penser que la faculté de se souvenir est gentille de ce qu’elle me fournit de nombreux plaisirs au quotidien. Ma mémoire contient autant de joies et de peines que de choses comme des souliers usés, des clefs, des coups de soleil, des insectes et des coussins. Je suis très déçu de n’avoir pas choisi de plus belles choses pour cette toute récente énumération; je suis cependant d’avis qu’elles méritent d’être célébrées au même titre que toutes les idées, tous les concepts, tout ce qui se comprend dans ma tête et tout ce qui ne s’y comprend pas aussi.

J’ai lu que les choses belles sont les choses qui nous changent, qui nous font réagir à leur beauté. Je trouve que cette idée fait du sens; elle n’œuvre certainement pas dans le domaine de l’odorat, ni dans celui de la somesthésie; or, elle fait du sens en ce sens où je la trouve sensée; c’est donc dire qu’elle fait du sens selon ce que je puis en juger d’après l’ensemble des expériences de mon vécu, de mon existence. Les choses belles sont au nombre de quarante-huit mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf, c’est-à-dire qu’elles sont trop nombreuses pour qu’on puisse les imaginer toutes ensemble dans un seul et même endroit, devant une même étendue de draps noirs qui, tissés en tous les coins vers l’infini, tapissent ce qui se trouve à être notre pensée visuelle. Peut-être que les draps de la pensée visuelle de Martine sont blancs; les vôtres pourraient être colorés, mais cela ne retient guère mon attention : je suis bien heureux pour vous que les images que vous construisez dans votre esprit aient pour toile de fond un paysage tropical ou une couleur que vous aimez. Je suis d’autant plus heureux pour vous si vous avez des idées de grandeur et que vous changez la décoration de votre esprit régulièrement. Les choses qui me font réagir sont celles qui sont liées de près ou de loin à ce qui s’est attaché à mon âme. Je vous parle des draps et de la musique douce, de la musique moins douce et de la richesse des sons, du bien être éprouvé lorsque l’on se réchauffe près d’un feu, après une longue journée d’hiver passée à l’extérieur, passée sur le patio à geler comme un twit. Des plaisirs tels que ce dernier ne peuvent être éprouvés par des personnes qui ne connaissent pas le froid; bien heureux sommes nous lorsque l’été nous déshabille et nous colore la peau, et malgré cela, nombreuses sont les personnes qui voudraient passer leur vie sous le soleil. Or, notre situation géographique, avouons-le, nous permet de diversifier nos plaisirs et de jouir d’une moins monotone vie.

La fin de mes études collégiales représente quelque chose d’important; je suis déjà nostalgique au souvenir de tout ce que rassemblent ces deux années condensées de pur bonheur, d’explosions de rires et d’amis, d’apprentissages variés, de connaissances ayant pris forme dans mon cerveau, de nuits parfois très courtes et riches en sueur d’élève. Je célèbre mon savoir et mes apprentissages, les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer et pour qui j’éprouve de l’affection; je suis heureux parce que la lumière est belle, parce qu’elle me permet de voir tous les visages de ceux que j’aime. Parfois, je suis triste car la beauté du monde me coupe le souffle. Il faut comprendre que je n’ai pas de sifflet. Les humains sont fort nombreux; dans l’histoire, beaucoup d’humains ont accomplis des choses d’une importance considérable. Ces choses, j’aime à les célébrer, à les afficher sur les murs. J’aime à me souvenir du passé; j’aime l’écriture car elle nous permet de nous approprier le cerveau d’un individu différent à nous, dont la situation diffère de la notre. Elle nous permet de connaître des gens avant même de les avoir rencontrés. Afin de ne pas méprendre quelques individus naïfs ou schizophrènes, il me semble impératif de préciser qu’il n’est en rien habituel de rencontrer les personnages de récits fictifs dans la vie, près d’une bouilloire ou autour d’un chameau, c’est-à-dire, dans la vie de tous les jours, malgré que tous les jours d’une personne forment pour chacune d’elles leur vie respective et qu’il n’est aucune vie que l’on puisse qualifier autrement que de celle qui rassemble tous les jours vécu par un individu.

Bientôt, le temps d’exposer notre chair aux rayons les plus brillants du soleil prendra fin. J’espère que vous avez passé un été rempli de surprises et de jeux. Pour ma part, mon été a été composé de plus qu’agréables pique-niques entre copains, de visites à la faculté de musique (m’ayant permis de renouer avec mon ami le piano), d’une fin de semaine dans les bois d’Oka avec mon copain Raphaël, de magnifiques concerts au Festival de Jazz, de vélocipède dans les rues de Montréal, de peinture (ce en quoi consistait mon boulot d’été pour étudiant à faible budget), d’un court et précipité voyage en Gaspésie à l’occasion du mariage de mon père et de maintes activités ayant permis à mon cerveau, fraîchement sorti de cette aventure extraordinaire que fut le Cégep, de décompresser. Qu’il le veuille ou non, je l’ai condamné (pour mon propre plaisir, soyez-en rassurés) à 4 années (ou plus) d’études universitaires, lesquelles ont récemment débuté par des initiations tordantes et riches en défis, en bière, en sensualité et en condiments des plus variés.

Je termine cette entrée dès maintenant car le temps file et que j’ai un rendez-vous avec la législation des systèmes de soins. Un agréable tête-à-tête en perspective… J’ai plutôt l’impression que je vais me frapper violemment la tête contre un arbre; après tout, les pages d’un livre proviennent de nos forêts…

samedi 14 février 2009

L'été en hiver

L'hiver est un véritable tue-mouches. Les mouches meurent en hiver. Lit vert l'été; l'hiver, les thés. Le thé pour se réchauffer, le café pour se réveiller. Les mouches ne boivent pas de thé, ni de café. Les moustiques boivent du sang. Bon sang! Pas de moustiques en hiver. Pas de sang. Ça n'a pas de bon sang! Ça n'a pas de sens, bon! Je m'en Jésus-de-Nazareth. Je m'en Christ! Merci.

Récemment, je me suis acheté un de ces petits plants de basilic, avec l'intention ferme de le conserver longtemps, de l'assurer nourrit-logé, de ne le pas laisser crever de faim.

Jour 1: les feuilles de mon basilic sont plus vertes que l'été; ma plante est plus en santé que les mouches athées, que les mouches à thé et que les filtres à café. Nous avons longuement discuté, mes colocataires et moi, des conditions optimales pour le maintient et la survie, dans notre appartement, de cet unique organisme pluricellulaire pratiquant religieusement la photosynthèse. Cela dit, nous avons convenu qu'il fallait maximiser le nombre de minutes durant lesquelles, de manière quotidienne, celui-ci devait recevoir quelques rayons affaiblis de soleil. Ainsi, en ce premier jour de parrainage botanique, je me dévouai entièrement à l'intention de mon basilic-plein-de-vie, modifiant sa position géographique quelques cinq à six fois au tout, m'assurant que celui-ci puisse s'abreuver de soleil à volonté tout en profitant des sonates de Beethoven et de la musique de Chopin. Paraitrait-il, selon je ne sais qui, que la musique classique est de loin plus favorable à la croissance des plantes que la cacophonie sonore des groupes de métal...

Jour 2: répétition de mes agissements quasi-exagérés à l'égard de ma jolie plante: celle-ci passe par les quatre coins de ma chambre, se voit offrir un court séjour au salon, tantôt sur la table, plus tard sur le plancher. Et moi, je me vois agir à la manière d'un possédé, ainsi que je fus soumis à cette plante par toutes les forces du monde: ouvre les portes, pousse les rideaux, formules de politesse comprises, du soleil pour mademoiselle, en veux tu, en v'la. Lorsque son sol terreux me paru trop sec, je lui versai quelques gouttes d'oxyde de dihydrogène avant de la voir aspirer le tout avidement. Quel bonheur que d'assister à celui d'une amie si douce, si belle, si parfumée! Dommage qu'elle soit muette...

Jour 3: la plante meurt. Ses tiges, d'une faiblesse incomparable, supportent tant bien que mal quelques feuilles déséchées et laides. Pourtant, son sol est humide et le soleil demeure généreux... Soyez rassurés, toutefois: si la vie s'est rapidement échappée de ces cellules végéatles, je fus pour ma part épargné en entier. Je veux dire: je suis vivant! D'ailleurs, mon système nerveux central se porte bien: pas de dépression, juste une envie de faire disparaître cette maudite plante laide de mon champ de vision. C'est la fin de la musique classique; c'est moi qui bois désormais toute l'eau et tout le soleil. Je vais me contenter, pour la cuisine, du basilic séché qui se trouve dans le présentoir à épices que ma grand-mère m'a donné cet été. Tant pis, que je me suis dit! Je m'en Jésus-de-Nazareth. De toute manière, la botanique et la religion ne sont pas faites pour moi.

Aussi, nous sommes le 14 février et je m'en Marie-Magdelaine. C'est une journée comme une autre. Personnellement, je préfère célébrer la vie tous les jours, et l'amour toutes les nuits.


lundi 12 janvier 2009

Bilan de session

Chers lecteurs, lectrices, parents, amis et ivrognes, fils et ficelles,

Je tiens à m’excuser pour les nombreuses fois où vous avez probablement éprouvé de profondes et peu communes déceptions causées par l’absence de nouveau matériel sur cette page web. Il est fort simple pour moi d’identifier la cause principale de ces malheureux incidents: une petite pause d’écriture s’est imposée d’elle même en raison d’une session particulièrement chargée et d’un cerveau fatigué d’écrire, plus désireux de faire parler ma bouche, voulant retirer l’exclusivité du mouvement à mes phalanges et visiblement plus attiré, lorsque le temps le lui a permis, par quelque activité impliquant plus d’un corps et plus d’un cri.

La dite session en fut une de succès, de successions de travaux à remettre, d’examens à rédiger et de jus de cerveau à servir. Je me suis amusé, ou pas, à remplir ma cervelle, ainsi qu’elle fut une éponge, et à utiliser plus que jamais ses capacités d’absorption rapide, pour devoir la tordre férocement au dessus de différentes feuilles mobiles ou immobiles, tantôt, temps tard. Moi qui croyais que cette session en serait une de calme et de long repos! Je me suis bien trompé.

D’abord, mon cours de biologie exigea de moi que j’étudie entre quarante et soixante-quinze pages de notes théoriques, lesquelles ne contenaient pas moins de six pages comprimées chacune, et ce, pour les cinq examens de la session. Aussi, le cours comportait deux examens de laboratoire qui ne demandaient rien de moins que d’apprendre la quasi-totalité des os du corps humain, d’être capable de nommer et de reconnaître leurs parties, de se souvenir des principaux muscles, de leurs points d’attache et de leurs fonctions, en plus de pouvoir reconnaître, au moyen de l’organisation des cellules visible au microscope, quelque organe du corps humain. Nous avons également eu le plaisir de produire une présentation orale de quinze minutes sur une maladie touchant l’un des systèmes étudiés. Si l’on effectue un simple calcul, on constate que parmi les quinze semaines qui totalisent la session, nous avons eu droit à huit séances d’évaluation. Quelle générosité! J’ai rarement eu l’occasion de suivre un cours dont la pondération jouit d’une aussi grande marge d’erreur.

Afin d’éviter que les étudiants ne s’ennuient trop, le cours de chimie des solutions s’est avéré des plus efficaces avec ses huit rapports de laboratoire qui ont nécessité entre quatre et huit heures chacun pour la rédaction, d’autant plus qu’il nous fallut préparer chaque expérience préalablement et de manière assidue dans un cahier de laboratoire, de telle façon que si nous étions désireux de faire breveter ce dernier. Bien entendu, il y eut également trois examens théoriques et une quantité impressionnante de matière à assimiler. C’était comme un gros gâteau à trois étages.

Cet automne, j’ai suivi l’un des pires cours que je n’aie jamais eu à suivre depuis mon entrée au Cégep : Algèbre linéaire et géométrie vectorielle. J’ai rarement eu l’impression de perdre mon temps comme ce fut le cas dans ce cours. J’imagine que cela eut été autrement si l’enseignant n’eut pas profité des cinq heures de cours hebdomadaires pour retranscrire le manuel scolaire sur l’ardoise, manuel qu’il nous fallut évidemment se procurer. J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu d’une bande d’aliénés privés de toute lucidité et dont les aptitudes ont été réduites à la respiration et à la retranscription : sauf moi, tous les étudiants ont recopié le livre sur des pages blanches! Que de définitions intégralement copiées! Que de papier gaspillé! Que de temps perdu! Je doute que j’aurais pu survivre à autant d’absurdité si je ne m’étais pas absenté à la moitié des cours; ce genre d’illogisme ne m’amuse pas du tout, me donne le goût de vomir. D’ailleurs, j’ai trouvé très audacieux de la part du professeur qu’il ne fasse aucun croquis au tableau afin de schématiser les concepts : nous dûmes utiliser à plein régime nos capacités en matière de créativité afin de nous imaginer des plans et des droites dans l’espace qui se coupent et se croisent en différents points. En fin de compte, les explications et les démonstrations visuelles ont été mises de côté dans ce cours afin que l’on prenne le temps de bien retranscrire chaque définition, afin que l’on fasse de la copie! Quel plaisir. Au moins, en m’absentant, j’ai pu conserver mon amour pour les mathématiques. Et dire que les cours de calcul différentiel et intégral étaient parmi mes favoris depuis mon entrée au Cégep…

En littérature québécoise, j’ai apprivoisé le roman du terroir par la lecture de Trente arpents de Ringuet. Heureusement, si j’ai trouvé l’intrigue des plus ennuyeuses et qu’elle s’étend, à mon avis, sur un nombre beaucoup trop important de pages, l’écriture fine de l’auteur m’a permis d’apprécier l’œuvre, un tant soit peu. J’ai également lu Rue Deschambault de Gabrielle Roy, un roman qui rassemble dix-huit courts récits inspirés de l’enfance de l’auteur et qui traitent, en somme, du développement de sa conscience au moyen d’un langage sensible et évocateur. J’ai beaucoup aimé. Puis, j’ai lu un roman qui s’est hissé rapidement parmi mes livres préférés de tous les temps: L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. Le style particulier de l’auteur m’a plu des les premières lignes de ce récit magnifique, poignant et à faire pleurer de rire. La session s’est achevée avec la lecture d’une pièce de Tremblay : À toi, pour toujours, ta Marie-Lou. Bien que je reconnaisse qu’il s’agit d’une pièce intéressante, je ne l’ai pas particulièrement aimée : la langue jouale m’a vraiment tapé sué nerfs dans c’te chose.

L’un des cours que j’ai le plus appréciés cette session est sans contredit mon cours de philosophie : Conceptions philosophiques de l’être humain. Nous avons étudié différentes conceptions de l’humain quant à ce qui détermine son acte, à savoir s’il est libre ou non. Les pensées de Descartes ainsi que celles des trois maitres du soupçon, ceux selon qui l’être humain est déterminé par une structure qui lui est étrangère, ont été étudiées; elles ont également fait l’objet de quelques dissertations. Nous avons vu que pour Nietzche, l’être humain est un être de passions, et non un être de conscience; que selon Marx, l’homme est hétéronome et que son acte est déterminé par une structure de nature économique et sociale; enfin, que selon Freud, l’inconscient est ce qui guide avant tout l’action de l’homme. À la toute fin de la session, nous avons lu un essai de Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, permettant de nous familiariser avec sa conception de l’être humain. Un cours des plus intéressants et particulièrement agréable donné par un excellent enseignant.

Un autre cours que j’ai beaucoup apprécié cette session : Cinéma hollywoodien et société, cours complémentaire qui, pour mon grand plaisir, a permis d’alléger la proportion de mes cours qui sont destinés à un apprentissage scientifique. Nous avons fait un survol de l’histoire du cinéma américain et avons vu comment le cinéma d’hollywood est né, comment ce dernier fonctionne économiquement; nous avons également vu les principaux éléments qui se retrouvent dans la quasi-totalité des films hollywoodiens et la structure des récits qui, sensiblement, est toujours la même. Afin de nous familiariser avec les films indépendants, nous avons discuté, après son visionnement, du film Fargo des frères Cohen. Puis, nous avons visionné une série de film dans le but de disserter (écrire des travaux de neuf pages) sur différents thèmes en comparant la manière dont ils sont traités dans les films hollywoodiens et dans les films indépendants : l’histoire (Forrest Gump, Full Metal Jacket), la famille (Little Miss Sunshine, Happiness), l’amour (Maid in Manhattan, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). Enfin, nous avons rédigé un travail dans lequel nous devions montrer que le film Crash traite de manière originale des causes, des conséquences et de la reproduction de la violence par le biais de conflits ethniques. Ce cours était simplement fantastique. J’espère que les étudiants qui l’on suivit seront désormais plus critique vis-à-vis le cinéma hollywoodien et qu’ils seront plus ouverts au cinéma indépendant, lequel se veut beaucoup plus réaliste et ainsi, plus intéressant. D’ailleurs, je vous conseille personnellement tous les films indépendants mentionnés ci haut!

Enfin, je n’ai pas tellement envie de vous parler de mon cours de musculation. C’était mon cinquième et dernier choix pour mon cours d’éducation physique; admettons qu’à partir du choix numéro trois, on est plus ou moins tenté par le cours…

Cette session m'a fait écrire plus que jamais. Quatre dissertations en littérature, trois dissertations en philosophie, trois dissertations pour le cours de cinéma, des rapports de laboratoire à n'en plus finir, et l'épreuve uniforme de français... Malgré toute cette écriture, mes cours à caractère non-scientifique, sauf pour celui de musculation, ont été les plus intéressants et les plus agréables. Je suis d'ailleurs en train de lire un autre roman de Ducharme, Le nez qui voque. Cela me fait plaisir.

dimanche 31 août 2008

L'été est fini, maudit. vs. L'été est fini, youppi.


Le mois doux.

En cette fin d'été, je me suis permis un petit congé d'écriture de ce que je trouvai suffisantes les quelques quarante heures par semaine passées en tête-à-tête avec des écrans d'ordinateur. Bien que j'aie eu beaucoup de plaisir dans les bureaux de la Banque Nationale ces dernières semaines, mon petit corps n'en pouvait plus d'être en position assise et de recevoir quotidiennement des vents violents d'air climatisé en plein visage. Voilà pourquoi je n'ai pas mis mon blog à jour: j'ai préféré profiter des derniers week-ends et des rayons de soleil que ceux-ci avaient à nous offrir en assistant à une compétition d'équitation et en passant une fin d'après-midi à la plage. En compagnie de mon copain, ces doux moments m'ont permis d'avoir eu l'impression que l'été a bel et bien existé. Afin de faire croître ce sentiment d'avoir goûté au soleil, nous nous sommes également promenés en canot sur la rivière. Voilà ce que fut l'été pour moi.

Peu de temps après, déjà, je dû me lever tôt pour amorcer la session nouvelle et découvrir mes nouveaux professeurs; en une semaine, j'ai eu un bref aperçu de ce que j'apprendrai cet automne et de ce qui tiendra mon cerveau éveillé après ce long congé d'été qu'il a passé dans le frigo. Un peu d'activité lui fera sans doute le plus grand bien. Il commençait à s'ennuyer... Et puis, les choses devraient se passer plutôt bien pour lui cette session: il pourra se reposer plus longuement, maintenant que je réside tout près du Cégep...

Cette semaine, je dois passer en entrevue afin que l'on détermine si je possède ou non les qualités de tuteur en sciences... J'espère bien que tout ira pour le mieux, malgré que je me permette déjà d'être un tout petit peu confiant à ce sujet. Après tout, plusieurs enseignants et amis m'ont recommandé de poser ma candidature... souhaitons seulement qu'ils n'ont pas eu tort de le faire!

Afin de bien terminer cette entrée, je vous propose une parenthèse facultative et nécessaire dans le genre concert review: ainsi, les prestations de Plants & Animals, Metric et The Killers au Festival Osheaga étaient savoureuses. Le concert de Radiohead était exceptionnel, voire complètement-débile-mental. Mes oreilles et mes yeux ont reçu une pluie de bonheur en son et en couleurs. La pluie, la vraie, ce n'était pas grave. Le son était parfait, la prestation et les chansons choisies aussi. J'y retournerais mille fois. Peut-être même dix mille! Bref, c'était un concert mémorable. Je vous souhaite d'y être allé.

Et puis, à ceux que cela concerne, bonne rentrée.
Je vais aller faire mon chèque pour le mois de septembre...


APRÈS LA BARBE, C'EST AU TOUR DES CHEVEUX DE PRENDRE LE BORD.

HORAIRE A2008







vendredi 27 juin 2008

Des pores

Je déménage à Montréal! Yessss.

Avec Émilie et Sara Sophie, nous avons signé un bail la semaine dernière. L'appartement que nous louons est situé dans le cartier Côte-des-Neiges, à quelques pas de l'université de Montréal. Enfin, cela représente deux à trois heures en moins à consacrer au transport quotidiennement ; un important gain de liberté; etc, etc.

La semaine prochaine, mon copain et moi irons étudier les dimensions des pièces de l'appartement afin de pouvoir approximer plus aisément la quantité de peinture qui sera nécessaire pour recouvrir les murs de couleurs et de blanc. Mais pas de vomi.

Aussi, ma grand-maman m'a donné un ensemble d'ustensiles de cuisine, des poêlons, des verres; j'ai également hérité d'un vieux set de vaisselle que ma mère n'a jamais utilisé. De si belles choses se retrouveront dans ces lieux! Des choses si laides également... des niaiseries.

En tous les cas. Je suis si occupé avec mon emploi à plein temps et les préparatifs (peinture, ouverture de comptes/abonnements, paquetage, déménagement, etc.) que je limite cette entrée à aussi peu de mots que ceux-ci, aussi peu de mots que vous venez de lire. Sachez que je passe tout de même un été des plus agréables, bien qu'il soit excessivement chargé et que j'aie été contraint de remettre à plus tard mes lectures estivales et de nombreuses activités. Le mois d'aout ne risque pas d'être de tout repos non plus... avec tout ce que j'y reporte. Je me sens comme un aventurier duquel vous lisez les chroniques d'aventures extraordinaires et folles...

dimanche 1 juin 2008

Pour en finir avec la mauvaise-foi : allez à l'école (à saveur biographique)

Depuis mon tout jeune âge, j’essaie de faire les choses au meilleur de moi-même. Malgré les vilains mots qui se sont glissés l’un à la suite de l’autre dans mes oreilles de petit enfant, dans mes petites oreilles, malgré l’océan de mots immondes qui a bien faillit me noyer, j’ai réussi, sinon essayé, à construire sur d’aussi fragiles fondements que ceux-ci une maison, une carapace, une identité, une estime personnelle et une confiance qui toutefois, comportent de graves lacunes. Chaque jour, cependant, j’y travaille. Vaut mieux laisser la mauvaise-foi de côté, la pitcher d'ain vidanges; il faut cesser de s’avouer vaincu par ce qu’on laisse derrière nous et regarder en avant. Autrement, rien ni personne n’évoluerait jamais. Notre passé ne devrait pas limiter nos aspirations mais au contraire, nous pousser à aller de l’avant, à se dépasser. Oublions les fausses excuses!

Mise en situation :

À la suite de mon refus d’effectuer quelque tâche, un homme éveille en moi cette immense bête haineuse, qu’il nourrit depuis mon enfance, à l’aide d’une élévation de la voix et de blasphèmes divers. Heureusement, je résiste toujours à cette forme de « Rhinocérite » qui semble avoir atteint chacun des membres de ma famille; je ne me suis pas transformé en bête. Cette fois, cependant, je n’arrive pas à me contenir: j’explose.

Quel respect dois-je à un homme qui ne respecte pas son prochain? À celui qui a ternit mon enfance à jamais par ses énervements soudains desquels jaillissent toujours une violence verbale excessive? On peut excuser bien des choses, mais toute la violence qui surgit de cet homme alimente ma plus grande peur, et je ne crois pas que je pourrai lui pardonner cela. Pourquoi ? Parce que , criss.

Je ne me tiens pas responsable de la situation dans laquelle cet homme vit. Il faudrait que ce dernier apprenne à assumer ses gestes, ses décisions et ses responsabilités. Après tout, s’il travaille autant et que son salaire est de tel ordre, cela n’a rien à voir avec mon existence. Lorsqu’on possède uniquement cinq années de formation, soit un diplôme d’études secondaires, on doit assumer que les emplois qui s’offrent à nous ne sont pas nécessairement bien payés et que les conditions de travail qui s’y rattachent ne sont pas aguichantes. Ainsi, je ne crois pas que je doive absorber les élans de rage et les crises de monsieur qui se rapportent à son emploi. Toujours, si notre emploi ne nous convient pas, il est possible d’en trouver un autre. Il en est ainsi pour la plupart des aspects de notre vie : en y travaillant, on peut arriver à améliorer les choses. En critiquant, on ne fait que déplacer un poids, sans toutefois le faire disparaitre, de sorte que les problèmes restent et la crise perdure. Ça, c’est perdre son temps.

Il faudrait sans doute consoler l’homme qui doit céder une partie de son salaire aux enfants de sa conjointe. Faisons : des milliers d’autres hommes sont dans la même situation, n’est-ce pas fantastique? Et puis, encore une fois, il faut apprendre à monsieur qu’il doit assumer ses décisions. Après tout, il savait très bien jadis que la femme avec laquelle il s’engageait était déjà la mère de deux enfants. Je ne suis pas sorti d’un sac à surprises… Devrais-je me sentir coupable d’exister? Non. Ma présence ici n’est pas plus simple pour moi qu’elle ne l’est surement pour lui. Devrais-je alors me mettre à genoux devant cet homme qui, dit on, redouble constamment d’efforts pour « me faire vivre » ? Je ne crois pas non plus. Il serait tout naturel de l’en remercier, si ce n’était des viles paroles et de sa méchanceté qu’on me demande d’assumer en guise de punition. Un cadeau certes, mais si j’avais pu le faire, je me serais passé de ce cadeau : si j’avais su seulement qu’il était empoisonné, que la pomme qu’on m’ait offerte abritait un monstrueux vers de terre, je me serais avisé de ne la pas croquer. Les factures qu’il défraie lui permettent-elles de me traiter comme de la vermine? Je ne crois toujours pas!

L’homme dit de moi que je suis égoïste. Pouvons-nous réellement dire qu’il est généreux? Je ne sais pas. Peut-être. Cependant, lorsqu’on donne par générosité, c’est qu’il nous fait plaisir de donner. De rappeler constamment que l’on a donné ceci et cela, ainsi que de se servir des dons que l’on a fait dans le passé afin de se donner du crédit relève d’une générosité plutôt louche, voire douteuse. Dans le même ordre d’idée, un individu incapable de dire « non » n’est pas nécessairement un individu « bon ». Souvent, l’homme se sert de son impuissance, de sa faiblesse, afin de séduire d’autres individus et s’accorde une fois de plus un crédit qu’il ne mérite pas, en ce sens où il aurait ardemment préféré que sa décision négative l’emporte et non l’inverse. J’attends toujours le jour ou l’on me remerciera de n’avoir pas abusé d’une telle faiblesse à la manière de mes charmants frères qui, depuis toujours et sans trop d’efforts, réussissent à obtenir ce qu’ils désirent en agissant ainsi avec celui qui dit toujours « oui ».

Récemment, la situation familiale dans laquelle je vis a pris un tournant des plus étranges et surtout inattendu. Je me souviens de celui qui disait de mon frère qu’il était bon à rien et qu’il ferait mieux de prendre son jeune semblable en exemple. Dans ces temps anciens, l’homme était d’avis que l’on devait poursuivre ses études et y mettre certainement un effort, si l’on pouvait se fier à ses paroles, si l’on pouvait prendre pour acquis que ce qu’il disait reflétait l’image de sa pensée. Il disait que le sport ne rapportait rien et que mon frère perdait son temps. Or, mon pauvre frère n’ayant pas réussi à compléter ses études secondaires, il dût se consacrer uniquement aux sports et au travail. Voilà que la bizarrerie prend place : l’homme incite ses propres fils à pratiquer tout type de sport et se construit une opinion-minute sur l'intérêt des études supérieures. Dès lors, le bourreau change de victime : celui qui était pris en exemple jadis, sans toutefois avoir changé, est maintenant, à ses yeux, un être terriblement mauvais. Par chance, celui qui ne fut pas épargné durant son enfance, mon frère, après s’être transformé en rhinocéros, est devenu nécessairement bon. Ou bien cela relève du génie sans que je n’y comprenne rien, ou bien mon frère est un miraculé. Je crois que la réponse est : aucune de ces réponses. Ce qui me semble plutôt juste, c’est de croire que de voir mon frère se ranger de son côté a beaucoup flatté le grand homme. Qu’il utilise son langage déficient et qu’il cache ses nombreuses faiblesses derrière un regard menaçant, voire sinistre, ainsi qu’il se mette à crier constamment, tel une bête, tel un rhinocéros tout juste métamorphosé, l’a sans doute fait monter de plusieurs crans dans l’estime de l’homme. Et moi, qui suis si différent des autres, je ne peux que m’enfoncer selon ce même homme. Moi qui suis la honte, marginal de par l’agencement inexact du vêtement de mes pieds, je m’enfouis. Pourtant, j’ai toujours cru que je faisais les choses comme on attendait que je les fasse. Pourquoi les choses ont-elles changé? Toujours pas de réponse…

L’homme se plaint des dépenses astronomiques que je lui fais faire. Il se plaint des sommes inimaginables d’argent qui sont anéanties par ma quête insensée : la poursuite d’études supérieures. Ses désirs sont tout autres que de me permettre une éducation qu’il n’a pas reçue. Serait-ce de la jalousie? Je ne crois pas que ces études l’auraient intéressé. Me trompai-je? Peut-être. Toutefois, il semble jaloux de mon intelligence : pourquoi voudrait-il la remettre en question aussi souvent plutôt que de la souligner et de l’encourager s’il en était autrement? Après tout, j’ai un potentiel certainement important. Hélas, l’homme n’aime pas l’attitude que j’ai d’inventer des devoirs et de faire semblant d’aller à l’école. Selon ses dires, les études collégiales en 2008 ne différent en aucun point des études secondaires qu’il a suivies à la fin des années 70 : il ne serait donc pas nécessaire d’étudier autant que je ne le fais pour réussir en sciences. Ai-je l’air d’un fourbe, d’un trompeur? Non. Alors pourquoi ne veut-il pas croire que mon programme d’étude est véritablement exigeant? Peut-être devrait-il essayer d’en faire autant.

La dévalorisation des études est une chose si commune chez moi que je me demande si chez nous, la Terre est une plate-forme qui fait des cercles autour de la Lune. Surprenant, n’est-il pas, qu’encore aujourd’hui, dans certaines familles, la poursuite des études soit dépréciée? Je ne cesse d’être estomaqué par les interventions de l’homme auprès de ma mère à ce sujet. Il ne cesse de répéter que certains collègues de sa personne ont un diplôme universitaire qui n’est en rien relié à leur emploi. Ainsi, il commet une faute d’argumentation que l’on nomme « Sophisme » : il s’agit de la généralisation hâtive. En d’autres mots, il arrive à la conclusion indéniable que les études sont inutiles parce qu’elles n’ont pas permis à quelque gens de décrocher un emploi qui s’y rattache. C’est idiot! Et puis, de toute manière, les études ne sont pas seulement faites pour nous amener à un emploi : elles devraient, en temps normal, constituer également un savoir à acquérir par l’étudiant, lequel lui sera utile d’une façon ou d’une autre. On ne perd rien à apprendre; chaque accomplissement est partiellement bénéfique. Lorsqu’on étudie, c’est qu’on s’intéresse à quelque chose et qu’on désire apprendre. Je juge inutile de présenter mes excuses pour cela, étant donné que je ne suis pas le seul. Je veux dire : je ne vais pas m’excuser d’être intéressé à apprendre.


samedi 17 mai 2008

Par la barbe de Merlin

Je viens tout récemment de libérer mon visage de cette pilosité généreuse qui envahissait mon faciès depuis le début du dernier hiver. Je vous permet autant de loisir que celui de mirer cette photographie déconstruite qui, en guise de support visuel, vous révèle par ses éclats de couleur aveuglants la douce image de ma peau lisse.

DISPARITION DE LA BARBE EN MAI 2008