Depuis mon tout jeune âge, j’essaie de faire les choses au meilleur de moi-même. Malgré les vilains mots qui se sont glissés l’un à la suite de l’autre dans mes oreilles de petit enfant, dans mes petites oreilles, malgré l’océan de mots immondes qui a bien faillit me noyer, j’ai réussi, sinon essayé, à construire sur d’aussi fragiles fondements que ceux-ci une maison, une carapace, une identité, une estime personnelle et une confiance qui toutefois, comportent de graves lacunes. Chaque jour, cependant, j’y travaille. Vaut mieux laisser la mauvaise-foi de côté, la pitcher d'ain vidanges; il faut cesser de s’avouer vaincu par ce qu’on laisse derrière nous et regarder en avant. Autrement, rien ni personne n’évoluerait jamais. Notre passé ne devrait pas limiter nos aspirations mais au contraire, nous pousser à aller de l’avant, à se dépasser. Oublions les fausses excuses!
Mise en situation :
À la suite de mon refus d’effectuer quelque tâche, un homme éveille en moi cette immense bête haineuse, qu’il nourrit depuis mon enfance, à l’aide d’une élévation de la voix et de blasphèmes divers. Heureusement, je résiste toujours à cette forme de « Rhinocérite » qui semble avoir atteint chacun des membres de ma famille; je ne me suis pas transformé en bête. Cette fois, cependant, je n’arrive pas à me contenir: j’explose.
Quel respect dois-je à un homme qui ne respecte pas son prochain? À celui qui a ternit mon enfance à jamais par ses énervements soudains desquels jaillissent toujours une violence verbale excessive? On peut excuser bien des choses, mais toute la violence qui surgit de cet homme alimente ma plus grande peur, et je ne crois pas que je pourrai lui pardonner cela. Pourquoi ? Parce que , criss.
Je ne me tiens pas responsable de la situation dans laquelle cet homme vit. Il faudrait que ce dernier apprenne à assumer ses gestes, ses décisions et ses responsabilités. Après tout, s’il travaille autant et que son salaire est de tel ordre, cela n’a rien à voir avec mon existence. Lorsqu’on possède uniquement cinq années de formation, soit un diplôme d’études secondaires, on doit assumer que les emplois qui s’offrent à nous ne sont pas nécessairement bien payés et que les conditions de travail qui s’y rattachent ne sont pas aguichantes. Ainsi, je ne crois pas que je doive absorber les élans de rage et les crises de monsieur qui se rapportent à son emploi. Toujours, si notre emploi ne nous convient pas, il est possible d’en trouver un autre. Il en est ainsi pour la plupart des aspects de notre vie : en y travaillant, on peut arriver à améliorer les choses. En critiquant, on ne fait que déplacer un poids, sans toutefois le faire disparaitre, de sorte que les problèmes restent et la crise perdure. Ça, c’est perdre son temps.
Il faudrait sans doute consoler l’homme qui doit céder une partie de son salaire aux enfants de sa conjointe. Faisons : des milliers d’autres hommes sont dans la même situation, n’est-ce pas fantastique? Et puis, encore une fois, il faut apprendre à monsieur qu’il doit assumer ses décisions. Après tout, il savait très bien jadis que la femme avec laquelle il s’engageait était déjà la mère de deux enfants. Je ne suis pas sorti d’un sac à surprises… Devrais-je me sentir coupable d’exister? Non. Ma présence ici n’est pas plus simple pour moi qu’elle ne l’est surement pour lui. Devrais-je alors me mettre à genoux devant cet homme qui, dit on, redouble constamment d’efforts pour « me faire vivre » ? Je ne crois pas non plus. Il serait tout naturel de l’en remercier, si ce n’était des viles paroles et de sa méchanceté qu’on me demande d’assumer en guise de punition. Un cadeau certes, mais si j’avais pu le faire, je me serais passé de ce cadeau : si j’avais su seulement qu’il était empoisonné, que la pomme qu’on m’ait offerte abritait un monstrueux vers de terre, je me serais avisé de ne la pas croquer. Les factures qu’il défraie lui permettent-elles de me traiter comme de la vermine? Je ne crois toujours pas!
L’homme dit de moi que je suis égoïste. Pouvons-nous réellement dire qu’il est généreux? Je ne sais pas. Peut-être. Cependant, lorsqu’on donne par générosité, c’est qu’il nous fait plaisir de donner. De rappeler constamment que l’on a donné ceci et cela, ainsi que de se servir des dons que l’on a fait dans le passé afin de se donner du crédit relève d’une générosité plutôt louche, voire douteuse. Dans le même ordre d’idée, un individu incapable de dire « non » n’est pas nécessairement un individu « bon ». Souvent, l’homme se sert de son impuissance, de sa faiblesse, afin de séduire d’autres individus et s’accorde une fois de plus un crédit qu’il ne mérite pas, en ce sens où il aurait ardemment préféré que sa décision négative l’emporte et non l’inverse. J’attends toujours le jour ou l’on me remerciera de n’avoir pas abusé d’une telle faiblesse à la manière de mes charmants frères qui, depuis toujours et sans trop d’efforts, réussissent à obtenir ce qu’ils désirent en agissant ainsi avec celui qui dit toujours « oui ».
Récemment, la situation familiale dans laquelle je vis a pris un tournant des plus étranges et surtout inattendu. Je me souviens de celui qui disait de mon frère qu’il était bon à rien et qu’il ferait mieux de prendre son jeune semblable en exemple. Dans ces temps anciens, l’homme était d’avis que l’on devait poursuivre ses études et y mettre certainement un effort, si l’on pouvait se fier à ses paroles, si l’on pouvait prendre pour acquis que ce qu’il disait reflétait l’image de sa pensée. Il disait que le sport ne rapportait rien et que mon frère perdait son temps. Or, mon pauvre frère n’ayant pas réussi à compléter ses études secondaires, il dût se consacrer uniquement aux sports et au travail. Voilà que la bizarrerie prend place : l’homme incite ses propres fils à pratiquer tout type de sport et se construit une opinion-minute sur l'intérêt des études supérieures. Dès lors, le bourreau change de victime : celui qui était pris en exemple jadis, sans toutefois avoir changé, est maintenant, à ses yeux, un être terriblement mauvais. Par chance, celui qui ne fut pas épargné durant son enfance, mon frère, après s’être transformé en rhinocéros, est devenu nécessairement bon. Ou bien cela relève du génie sans que je n’y comprenne rien, ou bien mon frère est un miraculé. Je crois que la réponse est : aucune de ces réponses. Ce qui me semble plutôt juste, c’est de croire que de voir mon frère se ranger de son côté a beaucoup flatté le grand homme. Qu’il utilise son langage déficient et qu’il cache ses nombreuses faiblesses derrière un regard menaçant, voire sinistre, ainsi qu’il se mette à crier constamment, tel une bête, tel un rhinocéros tout juste métamorphosé, l’a sans doute fait monter de plusieurs crans dans l’estime de l’homme. Et moi, qui suis si différent des autres, je ne peux que m’enfoncer selon ce même homme. Moi qui suis la honte, marginal de par l’agencement inexact du vêtement de mes pieds, je m’enfouis. Pourtant, j’ai toujours cru que je faisais les choses comme on attendait que je les fasse. Pourquoi les choses ont-elles changé? Toujours pas de réponse…
L’homme se plaint des dépenses astronomiques que je lui fais faire. Il se plaint des sommes inimaginables d’argent qui sont anéanties par ma quête insensée : la poursuite d’études supérieures. Ses désirs sont tout autres que de me permettre une éducation qu’il n’a pas reçue. Serait-ce de la jalousie? Je ne crois pas que ces études l’auraient intéressé. Me trompai-je? Peut-être. Toutefois, il semble jaloux de mon intelligence : pourquoi voudrait-il la remettre en question aussi souvent plutôt que de la souligner et de l’encourager s’il en était autrement? Après tout, j’ai un potentiel certainement important. Hélas, l’homme n’aime pas l’attitude que j’ai d’inventer des devoirs et de faire semblant d’aller à l’école. Selon ses dires, les études collégiales en 2008 ne différent en aucun point des études secondaires qu’il a suivies à la fin des années 70 : il ne serait donc pas nécessaire d’étudier autant que je ne le fais pour réussir en sciences. Ai-je l’air d’un fourbe, d’un trompeur? Non. Alors pourquoi ne veut-il pas croire que mon programme d’étude est véritablement exigeant? Peut-être devrait-il essayer d’en faire autant.
La dévalorisation des études est une chose si commune chez moi que je me demande si chez nous, la Terre est une plate-forme qui fait des cercles autour de la Lune. Surprenant, n’est-il pas, qu’encore aujourd’hui, dans certaines familles, la poursuite des études soit dépréciée? Je ne cesse d’être estomaqué par les interventions de l’homme auprès de ma mère à ce sujet. Il ne cesse de répéter que certains collègues de sa personne ont un diplôme universitaire qui n’est en rien relié à leur emploi. Ainsi, il commet une faute d’argumentation que l’on nomme « Sophisme » : il s’agit de la généralisation hâtive. En d’autres mots, il arrive à la conclusion indéniable que les études sont inutiles parce qu’elles n’ont pas permis à quelque gens de décrocher un emploi qui s’y rattache. C’est idiot! Et puis, de toute manière, les études ne sont pas seulement faites pour nous amener à un emploi : elles devraient, en temps normal, constituer également un savoir à acquérir par l’étudiant, lequel lui sera utile d’une façon ou d’une autre. On ne perd rien à apprendre; chaque accomplissement est partiellement bénéfique. Lorsqu’on étudie, c’est qu’on s’intéresse à quelque chose et qu’on désire apprendre. Je juge inutile de présenter mes excuses pour cela, étant donné que je ne suis pas le seul. Je veux dire : je ne vais pas m’excuser d’être intéressé à apprendre.

1 commentaires:
Hey... c'est quand même poche tout ça. Mais je suppose que, comme tout, au fond, ça va passer.
Au moins, ça t'aura donné une excuse pour écrire autre chose que de jolis et poétiques résumés de chaque mois. :P
Je peux pas vraiment dire que je compatis avec toi, parce que j'ai pas de beau-père chiant, mais je comprends quand même... l'arrogance de gens qui ont, disons, moins d'éducation (pas tous, là) est parfois stupéfiante. Certains croient qu'ils connaissent des tas de choses et peuvent accomplir n'importe quoi, et disent qu'ils sont les victimes de la société et du maudit système crosseur, mais manifestent jamais aucun intérêt pour apprendre.
Tout cas. Moi je dis, vive la curiosité! C'est cool, apprendre... Ah, et j'aime comment t'as pluggé les sophismes, lol.
Ben j'espère pour toi que ça va se régler! :)
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