Chers lecteurs, lectrices, parents, amis et ivrognes, fils et ficelles,
Je tiens à m’excuser pour les nombreuses fois où vous avez probablement éprouvé de profondes et peu communes déceptions causées par l’absence de nouveau matériel sur cette page web. Il est fort simple pour moi d’identifier la cause principale de ces malheureux incidents: une petite pause d’écriture s’est imposée d’elle même en raison d’une session particulièrement chargée et d’un cerveau fatigué d’écrire, plus désireux de faire parler ma bouche, voulant retirer l’exclusivité du mouvement à mes phalanges et visiblement plus attiré, lorsque le temps le lui a permis, par quelque activité impliquant plus d’un corps et plus d’un cri.
La dite session en fut une de succès, de successions de travaux à remettre, d’examens à rédiger et de jus de cerveau à servir. Je me suis amusé, ou pas, à remplir ma cervelle, ainsi qu’elle fut une éponge, et à utiliser plus que jamais ses capacités d’absorption rapide, pour devoir la tordre férocement au dessus de différentes feuilles mobiles ou immobiles, tantôt, temps tard. Moi qui croyais que cette session en serait une de calme et de long repos! Je me suis bien trompé.
D’abord, mon cours de biologie exigea de moi que j’étudie entre quarante et soixante-quinze pages de notes théoriques, lesquelles ne contenaient pas moins de six pages comprimées chacune, et ce, pour les cinq examens de la session. Aussi, le cours comportait deux examens de laboratoire qui ne demandaient rien de moins que d’apprendre la quasi-totalité des os du corps humain, d’être capable de nommer et de reconnaître leurs parties, de se souvenir des principaux muscles, de leurs points d’attache et de leurs fonctions, en plus de pouvoir reconnaître, au moyen de l’organisation des cellules visible au microscope, quelque organe du corps humain. Nous avons également eu le plaisir de produire une présentation orale de quinze minutes sur une maladie touchant l’un des systèmes étudiés. Si l’on effectue un simple calcul, on constate que parmi les quinze semaines qui totalisent la session, nous avons eu droit à huit séances d’évaluation. Quelle générosité! J’ai rarement eu l’occasion de suivre un cours dont la pondération jouit d’une aussi grande marge d’erreur.
Afin d’éviter que les étudiants ne s’ennuient trop, le cours de chimie des solutions s’est avéré des plus efficaces avec ses huit rapports de laboratoire qui ont nécessité entre quatre et huit heures chacun pour la rédaction, d’autant plus qu’il nous fallut préparer chaque expérience préalablement et de manière assidue dans un cahier de laboratoire, de telle façon que si nous étions désireux de faire breveter ce dernier. Bien entendu, il y eut également trois examens théoriques et une quantité impressionnante de matière à assimiler. C’était comme un gros gâteau à trois étages.
Cet automne, j’ai suivi l’un des pires cours que je n’aie jamais eu à suivre depuis mon entrée au Cégep : Algèbre linéaire et géométrie vectorielle. J’ai rarement eu l’impression de perdre mon temps comme ce fut le cas dans ce cours. J’imagine que cela eut été autrement si l’enseignant n’eut pas profité des cinq heures de cours hebdomadaires pour retranscrire le manuel scolaire sur l’ardoise, manuel qu’il nous fallut évidemment se procurer. J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu d’une bande d’aliénés privés de toute lucidité et dont les aptitudes ont été réduites à la respiration et à la retranscription : sauf moi, tous les étudiants ont recopié le livre sur des pages blanches! Que de définitions intégralement copiées! Que de papier gaspillé! Que de temps perdu! Je doute que j’aurais pu survivre à autant d’absurdité si je ne m’étais pas absenté à la moitié des cours; ce genre d’illogisme ne m’amuse pas du tout, me donne le goût de vomir. D’ailleurs, j’ai trouvé très audacieux de la part du professeur qu’il ne fasse aucun croquis au tableau afin de schématiser les concepts : nous dûmes utiliser à plein régime nos capacités en matière de créativité afin de nous imaginer des plans et des droites dans l’espace qui se coupent et se croisent en différents points. En fin de compte, les explications et les démonstrations visuelles ont été mises de côté dans ce cours afin que l’on prenne le temps de bien retranscrire chaque définition, afin que l’on fasse de la copie! Quel plaisir. Au moins, en m’absentant, j’ai pu conserver mon amour pour les mathématiques. Et dire que les cours de calcul différentiel et intégral étaient parmi mes favoris depuis mon entrée au Cégep…
En littérature québécoise, j’ai apprivoisé le roman du terroir par la lecture de Trente arpents de Ringuet. Heureusement, si j’ai trouvé l’intrigue des plus ennuyeuses et qu’elle s’étend, à mon avis, sur un nombre beaucoup trop important de pages, l’écriture fine de l’auteur m’a permis d’apprécier l’œuvre, un tant soit peu. J’ai également lu Rue Deschambault de Gabrielle Roy, un roman qui rassemble dix-huit courts récits inspirés de l’enfance de l’auteur et qui traitent, en somme, du développement de sa conscience au moyen d’un langage sensible et évocateur. J’ai beaucoup aimé. Puis, j’ai lu un roman qui s’est hissé rapidement parmi mes livres préférés de tous les temps: L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. Le style particulier de l’auteur m’a plu des les premières lignes de ce récit magnifique, poignant et à faire pleurer de rire. La session s’est achevée avec la lecture d’une pièce de Tremblay : À toi, pour toujours, ta Marie-Lou. Bien que je reconnaisse qu’il s’agit d’une pièce intéressante, je ne l’ai pas particulièrement aimée : la langue jouale m’a vraiment tapé sué nerfs dans c’te chose.
L’un des cours que j’ai le plus appréciés cette session est sans contredit mon cours de philosophie : Conceptions philosophiques de l’être humain. Nous avons étudié différentes conceptions de l’humain quant à ce qui détermine son acte, à savoir s’il est libre ou non. Les pensées de Descartes ainsi que celles des trois maitres du soupçon, ceux selon qui l’être humain est déterminé par une structure qui lui est étrangère, ont été étudiées; elles ont également fait l’objet de quelques dissertations. Nous avons vu que pour Nietzche, l’être humain est un être de passions, et non un être de conscience; que selon Marx, l’homme est hétéronome et que son acte est déterminé par une structure de nature économique et sociale; enfin, que selon Freud, l’inconscient est ce qui guide avant tout l’action de l’homme. À la toute fin de la session, nous avons lu un essai de Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, permettant de nous familiariser avec sa conception de l’être humain. Un cours des plus intéressants et particulièrement agréable donné par un excellent enseignant.
Un autre cours que j’ai beaucoup apprécié cette session : Cinéma hollywoodien et société, cours complémentaire qui, pour mon grand plaisir, a permis d’alléger la proportion de mes cours qui sont destinés à un apprentissage scientifique. Nous avons fait un survol de l’histoire du cinéma américain et avons vu comment le cinéma d’hollywood est né, comment ce dernier fonctionne économiquement; nous avons également vu les principaux éléments qui se retrouvent dans la quasi-totalité des films hollywoodiens et la structure des récits qui, sensiblement, est toujours la même. Afin de nous familiariser avec les films indépendants, nous avons discuté, après son visionnement, du film Fargo des frères Cohen. Puis, nous avons visionné une série de film dans le but de disserter (écrire des travaux de neuf pages) sur différents thèmes en comparant la manière dont ils sont traités dans les films hollywoodiens et dans les films indépendants : l’histoire (Forrest Gump, Full Metal Jacket), la famille (Little Miss Sunshine, Happiness), l’amour (Maid in Manhattan, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). Enfin, nous avons rédigé un travail dans lequel nous devions montrer que le film Crash traite de manière originale des causes, des conséquences et de la reproduction de la violence par le biais de conflits ethniques. Ce cours était simplement fantastique. J’espère que les étudiants qui l’on suivit seront désormais plus critique vis-à-vis le cinéma hollywoodien et qu’ils seront plus ouverts au cinéma indépendant, lequel se veut beaucoup plus réaliste et ainsi, plus intéressant. D’ailleurs, je vous conseille personnellement tous les films indépendants mentionnés ci haut!
Enfin, je n’ai pas tellement envie de vous parler de mon cours de musculation. C’était mon cinquième et dernier choix pour mon cours d’éducation physique; admettons qu’à partir du choix numéro trois, on est plus ou moins tenté par le cours…
Cette session m'a fait écrire plus que jamais. Quatre dissertations en littérature, trois dissertations en philosophie, trois dissertations pour le cours de cinéma, des rapports de laboratoire à n'en plus finir, et l'épreuve uniforme de français... Malgré toute cette écriture, mes cours à caractère non-scientifique, sauf pour celui de musculation, ont été les plus intéressants et les plus agréables. Je suis d'ailleurs en train de lire un autre roman de Ducharme, Le nez qui voque. Cela me fait plaisir.
Je tiens à m’excuser pour les nombreuses fois où vous avez probablement éprouvé de profondes et peu communes déceptions causées par l’absence de nouveau matériel sur cette page web. Il est fort simple pour moi d’identifier la cause principale de ces malheureux incidents: une petite pause d’écriture s’est imposée d’elle même en raison d’une session particulièrement chargée et d’un cerveau fatigué d’écrire, plus désireux de faire parler ma bouche, voulant retirer l’exclusivité du mouvement à mes phalanges et visiblement plus attiré, lorsque le temps le lui a permis, par quelque activité impliquant plus d’un corps et plus d’un cri.
La dite session en fut une de succès, de successions de travaux à remettre, d’examens à rédiger et de jus de cerveau à servir. Je me suis amusé, ou pas, à remplir ma cervelle, ainsi qu’elle fut une éponge, et à utiliser plus que jamais ses capacités d’absorption rapide, pour devoir la tordre férocement au dessus de différentes feuilles mobiles ou immobiles, tantôt, temps tard. Moi qui croyais que cette session en serait une de calme et de long repos! Je me suis bien trompé.
D’abord, mon cours de biologie exigea de moi que j’étudie entre quarante et soixante-quinze pages de notes théoriques, lesquelles ne contenaient pas moins de six pages comprimées chacune, et ce, pour les cinq examens de la session. Aussi, le cours comportait deux examens de laboratoire qui ne demandaient rien de moins que d’apprendre la quasi-totalité des os du corps humain, d’être capable de nommer et de reconnaître leurs parties, de se souvenir des principaux muscles, de leurs points d’attache et de leurs fonctions, en plus de pouvoir reconnaître, au moyen de l’organisation des cellules visible au microscope, quelque organe du corps humain. Nous avons également eu le plaisir de produire une présentation orale de quinze minutes sur une maladie touchant l’un des systèmes étudiés. Si l’on effectue un simple calcul, on constate que parmi les quinze semaines qui totalisent la session, nous avons eu droit à huit séances d’évaluation. Quelle générosité! J’ai rarement eu l’occasion de suivre un cours dont la pondération jouit d’une aussi grande marge d’erreur.
Afin d’éviter que les étudiants ne s’ennuient trop, le cours de chimie des solutions s’est avéré des plus efficaces avec ses huit rapports de laboratoire qui ont nécessité entre quatre et huit heures chacun pour la rédaction, d’autant plus qu’il nous fallut préparer chaque expérience préalablement et de manière assidue dans un cahier de laboratoire, de telle façon que si nous étions désireux de faire breveter ce dernier. Bien entendu, il y eut également trois examens théoriques et une quantité impressionnante de matière à assimiler. C’était comme un gros gâteau à trois étages.
Cet automne, j’ai suivi l’un des pires cours que je n’aie jamais eu à suivre depuis mon entrée au Cégep : Algèbre linéaire et géométrie vectorielle. J’ai rarement eu l’impression de perdre mon temps comme ce fut le cas dans ce cours. J’imagine que cela eut été autrement si l’enseignant n’eut pas profité des cinq heures de cours hebdomadaires pour retranscrire le manuel scolaire sur l’ardoise, manuel qu’il nous fallut évidemment se procurer. J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu d’une bande d’aliénés privés de toute lucidité et dont les aptitudes ont été réduites à la respiration et à la retranscription : sauf moi, tous les étudiants ont recopié le livre sur des pages blanches! Que de définitions intégralement copiées! Que de papier gaspillé! Que de temps perdu! Je doute que j’aurais pu survivre à autant d’absurdité si je ne m’étais pas absenté à la moitié des cours; ce genre d’illogisme ne m’amuse pas du tout, me donne le goût de vomir. D’ailleurs, j’ai trouvé très audacieux de la part du professeur qu’il ne fasse aucun croquis au tableau afin de schématiser les concepts : nous dûmes utiliser à plein régime nos capacités en matière de créativité afin de nous imaginer des plans et des droites dans l’espace qui se coupent et se croisent en différents points. En fin de compte, les explications et les démonstrations visuelles ont été mises de côté dans ce cours afin que l’on prenne le temps de bien retranscrire chaque définition, afin que l’on fasse de la copie! Quel plaisir. Au moins, en m’absentant, j’ai pu conserver mon amour pour les mathématiques. Et dire que les cours de calcul différentiel et intégral étaient parmi mes favoris depuis mon entrée au Cégep…
En littérature québécoise, j’ai apprivoisé le roman du terroir par la lecture de Trente arpents de Ringuet. Heureusement, si j’ai trouvé l’intrigue des plus ennuyeuses et qu’elle s’étend, à mon avis, sur un nombre beaucoup trop important de pages, l’écriture fine de l’auteur m’a permis d’apprécier l’œuvre, un tant soit peu. J’ai également lu Rue Deschambault de Gabrielle Roy, un roman qui rassemble dix-huit courts récits inspirés de l’enfance de l’auteur et qui traitent, en somme, du développement de sa conscience au moyen d’un langage sensible et évocateur. J’ai beaucoup aimé. Puis, j’ai lu un roman qui s’est hissé rapidement parmi mes livres préférés de tous les temps: L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. Le style particulier de l’auteur m’a plu des les premières lignes de ce récit magnifique, poignant et à faire pleurer de rire. La session s’est achevée avec la lecture d’une pièce de Tremblay : À toi, pour toujours, ta Marie-Lou. Bien que je reconnaisse qu’il s’agit d’une pièce intéressante, je ne l’ai pas particulièrement aimée : la langue jouale m’a vraiment tapé sué nerfs dans c’te chose.
L’un des cours que j’ai le plus appréciés cette session est sans contredit mon cours de philosophie : Conceptions philosophiques de l’être humain. Nous avons étudié différentes conceptions de l’humain quant à ce qui détermine son acte, à savoir s’il est libre ou non. Les pensées de Descartes ainsi que celles des trois maitres du soupçon, ceux selon qui l’être humain est déterminé par une structure qui lui est étrangère, ont été étudiées; elles ont également fait l’objet de quelques dissertations. Nous avons vu que pour Nietzche, l’être humain est un être de passions, et non un être de conscience; que selon Marx, l’homme est hétéronome et que son acte est déterminé par une structure de nature économique et sociale; enfin, que selon Freud, l’inconscient est ce qui guide avant tout l’action de l’homme. À la toute fin de la session, nous avons lu un essai de Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, permettant de nous familiariser avec sa conception de l’être humain. Un cours des plus intéressants et particulièrement agréable donné par un excellent enseignant.
Un autre cours que j’ai beaucoup apprécié cette session : Cinéma hollywoodien et société, cours complémentaire qui, pour mon grand plaisir, a permis d’alléger la proportion de mes cours qui sont destinés à un apprentissage scientifique. Nous avons fait un survol de l’histoire du cinéma américain et avons vu comment le cinéma d’hollywood est né, comment ce dernier fonctionne économiquement; nous avons également vu les principaux éléments qui se retrouvent dans la quasi-totalité des films hollywoodiens et la structure des récits qui, sensiblement, est toujours la même. Afin de nous familiariser avec les films indépendants, nous avons discuté, après son visionnement, du film Fargo des frères Cohen. Puis, nous avons visionné une série de film dans le but de disserter (écrire des travaux de neuf pages) sur différents thèmes en comparant la manière dont ils sont traités dans les films hollywoodiens et dans les films indépendants : l’histoire (Forrest Gump, Full Metal Jacket), la famille (Little Miss Sunshine, Happiness), l’amour (Maid in Manhattan, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). Enfin, nous avons rédigé un travail dans lequel nous devions montrer que le film Crash traite de manière originale des causes, des conséquences et de la reproduction de la violence par le biais de conflits ethniques. Ce cours était simplement fantastique. J’espère que les étudiants qui l’on suivit seront désormais plus critique vis-à-vis le cinéma hollywoodien et qu’ils seront plus ouverts au cinéma indépendant, lequel se veut beaucoup plus réaliste et ainsi, plus intéressant. D’ailleurs, je vous conseille personnellement tous les films indépendants mentionnés ci haut!
Enfin, je n’ai pas tellement envie de vous parler de mon cours de musculation. C’était mon cinquième et dernier choix pour mon cours d’éducation physique; admettons qu’à partir du choix numéro trois, on est plus ou moins tenté par le cours…
Cette session m'a fait écrire plus que jamais. Quatre dissertations en littérature, trois dissertations en philosophie, trois dissertations pour le cours de cinéma, des rapports de laboratoire à n'en plus finir, et l'épreuve uniforme de français... Malgré toute cette écriture, mes cours à caractère non-scientifique, sauf pour celui de musculation, ont été les plus intéressants et les plus agréables. Je suis d'ailleurs en train de lire un autre roman de Ducharme, Le nez qui voque. Cela me fait plaisir.

2 commentaires:
Je pense que tu as assez écrit pour te rattraper pour les longs mois sans articles. :P
C'était qui ton prof d'Hollywoodien? C'est drôle que tu parles de Little Miss Sunshine comme d'un film hollywoodien, il est souvent considéré comme un film indépendant. Ça fait longtemps que je l'ai vu, je me souviens plus vraiment de la manière dont l'histoire est traitée. À moins que ça soit Happiness qui soit l'hollywoodien?
-Germain
Je crois que tu es maintenant mûr pour du Hawking et du Einstein...
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