L'hiver est un véritable tue-mouches. Les mouches meurent en hiver. Lit vert l'été; l'hiver, les thés. Le thé pour se réchauffer, le café pour se réveiller. Les mouches ne boivent pas de thé, ni de café. Les moustiques boivent du sang. Bon sang! Pas de moustiques en hiver. Pas de sang. Ça n'a pas de bon sang! Ça n'a pas de sens, bon! Je m'en Jésus-de-Nazareth. Je m'en Christ! Merci.
Récemment, je me suis acheté un de ces petits plants de basilic, avec l'intention ferme de le conserver longtemps, de l'assurer nourrit-logé, de ne le pas laisser crever de faim.
Jour 1: les feuilles de mon basilic sont plus vertes que l'été; ma plante est plus en santé que les mouches athées, que les mouches à thé et que les filtres à café. Nous avons longuement discuté, mes colocataires et moi, des conditions optimales pour le maintient et la survie, dans notre appartement, de cet unique organisme pluricellulaire pratiquant religieusement la photosynthèse. Cela dit, nous avons convenu qu'il fallait maximiser le nombre de minutes durant lesquelles, de manière quotidienne, celui-ci devait recevoir quelques rayons affaiblis de soleil. Ainsi, en ce premier jour de parrainage botanique, je me dévouai entièrement à l'intention de mon basilic-plein-de-vie, modifiant sa position géographique quelques cinq à six fois au tout, m'assurant que celui-ci puisse s'abreuver de soleil à volonté tout en profitant des sonates de Beethoven et de la musique de Chopin. Paraitrait-il, selon je ne sais qui, que la musique classique est de loin plus favorable à la croissance des plantes que la cacophonie sonore des groupes de métal...
Jour 2: répétition de mes agissements quasi-exagérés à l'égard de ma jolie plante: celle-ci passe par les quatre coins de ma chambre, se voit offrir un court séjour au salon, tantôt sur la table, plus tard sur le plancher. Et moi, je me vois agir à la manière d'un possédé, ainsi que je fus soumis à cette plante par toutes les forces du monde: ouvre les portes, pousse les rideaux, formules de politesse comprises, du soleil pour mademoiselle, en veux tu, en v'la. Lorsque son sol terreux me paru trop sec, je lui versai quelques gouttes d'oxyde de dihydrogène avant de la voir aspirer le tout avidement. Quel bonheur que d'assister à celui d'une amie si douce, si belle, si parfumée! Dommage qu'elle soit muette...
Jour 3: la plante meurt. Ses tiges, d'une faiblesse incomparable, supportent tant bien que mal quelques feuilles déséchées et laides. Pourtant, son sol est humide et le soleil demeure généreux... Soyez rassurés, toutefois: si la vie s'est rapidement échappée de ces cellules végéatles, je fus pour ma part épargné en entier. Je veux dire: je suis vivant! D'ailleurs, mon système nerveux central se porte bien: pas de dépression, juste une envie de faire disparaître cette maudite plante laide de mon champ de vision. C'est la fin de la musique classique; c'est moi qui bois désormais toute l'eau et tout le soleil. Je vais me contenter, pour la cuisine, du basilic séché qui se trouve dans le présentoir à épices que ma grand-mère m'a donné cet été. Tant pis, que je me suis dit! Je m'en Jésus-de-Nazareth. De toute manière, la botanique et la religion ne sont pas faites pour moi.
Aussi, nous sommes le 14 février et je m'en Marie-Magdelaine. C'est une journée comme une autre. Personnellement, je préfère célébrer la vie tous les jours, et l'amour toutes les nuits.
Récemment, je me suis acheté un de ces petits plants de basilic, avec l'intention ferme de le conserver longtemps, de l'assurer nourrit-logé, de ne le pas laisser crever de faim.
Jour 1: les feuilles de mon basilic sont plus vertes que l'été; ma plante est plus en santé que les mouches athées, que les mouches à thé et que les filtres à café. Nous avons longuement discuté, mes colocataires et moi, des conditions optimales pour le maintient et la survie, dans notre appartement, de cet unique organisme pluricellulaire pratiquant religieusement la photosynthèse. Cela dit, nous avons convenu qu'il fallait maximiser le nombre de minutes durant lesquelles, de manière quotidienne, celui-ci devait recevoir quelques rayons affaiblis de soleil. Ainsi, en ce premier jour de parrainage botanique, je me dévouai entièrement à l'intention de mon basilic-plein-de-vie, modifiant sa position géographique quelques cinq à six fois au tout, m'assurant que celui-ci puisse s'abreuver de soleil à volonté tout en profitant des sonates de Beethoven et de la musique de Chopin. Paraitrait-il, selon je ne sais qui, que la musique classique est de loin plus favorable à la croissance des plantes que la cacophonie sonore des groupes de métal...
Jour 2: répétition de mes agissements quasi-exagérés à l'égard de ma jolie plante: celle-ci passe par les quatre coins de ma chambre, se voit offrir un court séjour au salon, tantôt sur la table, plus tard sur le plancher. Et moi, je me vois agir à la manière d'un possédé, ainsi que je fus soumis à cette plante par toutes les forces du monde: ouvre les portes, pousse les rideaux, formules de politesse comprises, du soleil pour mademoiselle, en veux tu, en v'la. Lorsque son sol terreux me paru trop sec, je lui versai quelques gouttes d'oxyde de dihydrogène avant de la voir aspirer le tout avidement. Quel bonheur que d'assister à celui d'une amie si douce, si belle, si parfumée! Dommage qu'elle soit muette...
Jour 3: la plante meurt. Ses tiges, d'une faiblesse incomparable, supportent tant bien que mal quelques feuilles déséchées et laides. Pourtant, son sol est humide et le soleil demeure généreux... Soyez rassurés, toutefois: si la vie s'est rapidement échappée de ces cellules végéatles, je fus pour ma part épargné en entier. Je veux dire: je suis vivant! D'ailleurs, mon système nerveux central se porte bien: pas de dépression, juste une envie de faire disparaître cette maudite plante laide de mon champ de vision. C'est la fin de la musique classique; c'est moi qui bois désormais toute l'eau et tout le soleil. Je vais me contenter, pour la cuisine, du basilic séché qui se trouve dans le présentoir à épices que ma grand-mère m'a donné cet été. Tant pis, que je me suis dit! Je m'en Jésus-de-Nazareth. De toute manière, la botanique et la religion ne sont pas faites pour moi.
Aussi, nous sommes le 14 février et je m'en Marie-Magdelaine. C'est une journée comme une autre. Personnellement, je préfère célébrer la vie tous les jours, et l'amour toutes les nuits.

2 commentaires:
Ne savais-tu donc pas que cette croyance stipulant que le soleil, l'eau et les minéraux sont bénéfiques pour les végétaux, ne s'avère qu'un simple mythe populaire ? Les botanistes, en cachette, enduisent leurs plants de beurre de cacahuète, leur servent du Kool-Aid et les entreposent dans le four préprogrammé à 400° ? Ta naïveté scientifique te nuira mon cher... Fais gaffe !
Lol.
Pauvre plante. En avez-vous profité un peu, au moins? Des feuilles?
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