jeudi 27 mai 2010

Une question de logique

C’est un peu comme si Mélanie avait fait pousser du gazon dans son lit. Ça me fait penser à Grégoire qui aurait badigeonné de la cire chaude sur un steak de bison. Ou encore, à la petite Cassandre et à ses doigts qu’elle aurait troqués contre des cordes de guitare neuves. La logique voudrait que l’on procède autrement. Elle voudrait que l’on choisisse d’agir d’une manière différente à celle proposée dans ces exemples absurdes. Lorsque je me retrouve vis-à-vis d’une situation illogique, j’ai envie de dire : prisme. Ma couleur préférée est le prisme. Mon animal favori, c’est le prisme. Tout ça, c’est absurde. Il n’est pas nécessaire de songer à de pareilles sottises pour rencontrer l’absence de logique. Le quotidien nous en sert des pots et des plats.

La bestiole qui me pique n’a rien d’un insecte, sauf pour l’envie que j’ai de l’écraser. Je voudrais que les gens cessent un peu de se résigner. Des fois je trouve que c'est insensé. Et je finis souvent par me dire qu'il faille comprendre. Il faut comprendre que la vie n’a pas toujours de quoi satisfaire ceux chez qui elle habite. La vie c’est fou. Assez pour que les hommes inventent toutes sortes de règles. Les règlements ne sont pas toujours d'une logique implacable. Leur application systématique entraîne souvent des problèmes de gros bon sens. Il y a beaucoup de gens qui aiment appliquer les règles et les procédures à toutes sortes de situations inusitées. Qui jouent à l'autruche, mon animal favori, en faisant comme si tout était dans l'ordre des choses, parce qu'ils aiment comment cette manière d'agir requiert un minimum d'effort et d'investissement de leur part. Ces gens ne sont pas les personnes que je préfère. Ce sont des personnes qui appuient fermement sur les pièces non juxtaposables d'un casse-tête pour faire avancer le boulot malgré tout. Elles font leur travail. Il ne faut pas les déranger. En guise de résultat, elles obtiendront un cheval au lieu d'une tortue. Elles vous diront que c'est la même chose, que ce sont des animaux et que cela revient au même. C'est insensé parce que la carapace du cheval est faite pour s'asseoir et celle de la tortue non.

Ce qui est chouette c’est que toutes les expériences vécues à l’intérieur d’une petite personne dépendant tellement de ce qu’il y a à l’extérieur d’elle-même qu’on ne peut pas comparer la vie à un pot. Même s’il est rempli d'organes, le corps n’a pas de vie s’il est confiné dans un espace vide (le noir). Posséder les caractéristiques du vivant (le bleu, le jaune) et faire l’expérience de la vie (le ciel, le soleil) sont deux choses différentes. J’ai décidé de faire une blague parce que les caractéristiques du vivant ne sont pas des couleurs. J’aurais pu dire prisme, ça aurait eu le même effet. La logique aurait voulu que je dise plutôt : se nourrir, respirer, etc. Mais il faut être réaliste : la logique ce n’est pas tout. Si un médecin et une lampe se ressemblent dans la mesure où les deux peuvent brûler des ampoules, ce n'est pas tout. Il faut être conscient qu'un médecin et une lampe sont différents dans bien d'autres mesures et qu'on ne peut substituer l'un à l'autre.

Vivre est un jeu rempli de règlements. C’est un jeu compliqué parce que tout le monde ne cherche pas la même chose, ne poursuit pas les mêmes objectifs. L’organisation chaotique de notre société reflète les divergences de pensées et d’objectifs des individus. Certains individus veulent posséder beaucoup de morceaux de plastique et de métal. Ils aiment le sentiment de plaisir que leur procurent les matériaux. D’autres aiment davantage que leurs papilles gustatives soient stimulées. Ils sont plus sensibles aux stimuli gustatifs et olfactifs que d'autres. Il y en a pour qui les amis comptent plus que tout, et il y en a pour qui la famille compte plus que tout. Je suis une personne qui aime tendrement sa propre et son unique présence et qui apprécie follement la solitude. Ça n'a rien de drôle. Je suis aussi une personne qui déteste son existence et qui meurt d’ennui lorsqu’elle est seule. Ça dépend des fois. Je suis une personne qui, comme toutes les autres, change sans arrêt. Tout le monde change un peu : on change d’idée, on change d’air, on change de vêtements. Beaucoup de gens aimeraient changer de vie. Bien que cela soit possible, peu de gens vont jusqu'au bout dans cette direction parce que la résignation est plus facile. Lorsque ça nous travaille, on peut se contenter de changer de lieu. C'est facile: on change de place et ça nous emmène ailleurs. On écrit quelque chose et on change de direction à chaque phrase : ça nous emmène ailleurs. C’est une manière de procéder qui a ses avantages et ses inconvénients. Si vous ne trouvez pas ça intéressant vous n’avez qu’à lire votre horoscope ou un roman à l’eau de rose. Si vous ne trouvez rien d’intéressant c’est que vous avez l’esprit trop étroit ou la mine bien basse. Lorsqu’on comprend le sens de cette dernière expression, on sait qu’il est inutile de lever son crayon de plomb un peu et de le faire aller dans les airs, que cela n’est pas une solution acceptable parce que le problème concerne un être humain et non un objet. C’est logique.

1 commentaires:

Odile a dit…

Jean-François Tourigny et les textes à un million de dollars.