dimanche 25 juillet 2010

La fraicheur des tropiques

Les voyages sont des aventures qui intéressent la plupart des individus. Les raisons pour lesquelles les voyages sont aussi populaires chez l'espèce humaine sont variables et dépendant beaucoup des besoins et des intérêts de chacun.

Il y a des gens qui présentent un besoin intrinsèque de voyager intimement lié au mode de vie des oiseaux du nord de l'Amérique. Tous les ans, ainsi que cela fut programmé dans leur cerveau, ils sont violemment poussés, durant l'hiver, par cet appel à la migration, cette quête des chaleurs de l'hémisphère sud qui manquent au quotidien trop froid et enneigé que leurs obligent nos hivers québécois. Ils éprouvent une agréable satisfaction lorsque les étendus de sable et de serviettes se déploient sous leurs yeux et lorsqu'ils retrouvent à peu près le même nid qu'ils avaient utilisé l'année passée.

Certaines personnes sont tellement écoeurées par la vie qu'elles utilisent les voyages pour se rapprocher de leur destination ultime : la mort. Elles trouveront, dans une chambre d'hôtel aseptisée, l'image de la vie rangée qu'elles ont menée. Des matelas qui reçoivent périodiquement des visiteurs effacés par milliers les attendront chaque soir afin de préparer leur corps à se coucher dans un cercueil. On y aura ajusté la climatisation de manière à rappeler la fraicheur que possède la terre à quelques mètres sous le sol.

Après les toilettes publiques, les hôtels sont probablement les endroits les plus impersonnels créés par l'homme. Cet été, à défaut d'aller dans le sud, je vais essayer de visiter le plus de toilettes possible. Comme ça, je pourrai avoir l'impression de m'être promené en masse sans avoir été réellement dépaysé.

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